Les étiquettes

1 mai 2020

Ne pourrait-on pas cesser de poser des étiquettes sur chacun de nous ? Ces étiquettes qui traduisent des préjugés, des stigmatisations, des fiertés et des traumatismes. Alors, oui j’aimerai vivre dans un monde sans étiquettes, libre. Pouvoir apprendre à connaitre l’autre autrement que par son physique, sa démarche ou ses études. Ce serait beau, n’est-ce pas ?

Pourtant, moi-même je suis sans cesse à la recherche d’une étiquette, c’est drôle non ? J’en voudrais une belle, une qualitative, avec un papier épais dans lequel on sent les fibres du papier au toucher, écrite à la machine à écrire, ornée d’un jolie ruban de soie. Ah ! Ce paradoxe ! J’en ai moi-même assez des étiquettes que l’on peut me donner depuis toujours, je cherche même à les retirer, mais qu’est-ce qu’elles s’accrochent. Mais pourtant au fond de moi je sais que ce n’est pas pour ne plus en avoir que je veux m’en défaire mais pour les remplacer par de plus jolies. Triste est ce constat, drôle est ce paradoxe.

Souvent les étiquettes traduisent une spécialité, un trait de personnalité accentué ou l’ensemble des capacités d’une personne dues à la durée de ses études. Au final, elle servent à quoi les étiquettes ? A nous ranger, à nous décrire, c’est un peu notre CV de la vie en un mot. On n’a même pas le temps de s’expliquer qu’on est déjà assigné à telle ou telle étiquette. Alors il y a des étiquettes plus valorisantes que d’autres, il y en a des froissées, celles qui viennent de notre passé et celle qui sont traduitent par nos valeurs aussi. Je pense qu’on a tous un peu de toutes ces étiquettes, pas vrai ?

Quel qu’elles soient, nos étiquettes, on cherche sans cesse à s’améliorer pour les dorer, à faire les meilleures études pour obtenir le plus de crédibilité possible, comme si c’était le niveau d’étude qui définissait ce qu’on est. On cherche toujours la plus belle étiquette chez les autres pour se la coller sur la face, même si elle ne nous correspond pas du tout, d’ailleurs, méfions-nous ça fait tache souvent !

Je me demande d’ailleurs, d’où viennent nos étiquettes ? Des diktats de la société, certes. Surement aussi des autres, il y a même moyen que les étiquettes changent en fonction de la personne qu’on a en face de nous. Mais je pense qu’elles viennent surtout de nous, de notre perception, de notre confiance en soi, de l’estime que l’on se porte.

Je me dis aussi que, si on cherche à obtenir les plus belles étiquettes, cela ne voudrait pas dire qu’on a envie d’être la meilleure version de nous-même ? Mais si les étiquettes traduisaient simplement le « paraître » ? Doit-on s’orner de nos plus belles étiquettes ou doit-on les laisser s’envoler ?

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