Lecture & Culture

« Open to court», projection de courts-métrage.

31 janvier 2015

Tous les derniers vendredis de chaque mois*, Trirème Films – association de réalisateurs, comédiens et techniciens du cinéma – organise des projections de courts-métrages indépendants et des débats autour des films visionnés au café bar Les Affiches du cinéma Saint-Michel à Paris. L’objectif de cet événement est de permettre aux artistes émergents de diffuser leurs œuvres dans un cadre agréable, d’en débattre avec les spectateurs et de favoriser les rencontres entre les équipes de chaque film.

J’ai assisté à la première projection de 2015 et y ai découvert diverses œuvres cinématographiques. Je vous raconte ici ma rencontre avec les artistes ayant contribué à ces réalisations.

« Je suis un criminel »

cameraComment Matthieu, Zoé et Elvis ont-ils écrit « Je suis un criminel » ?

La première projection était « Je suis un criminel », de Matt Kassimo. Il s’agissait de la deuxième projection, en 2015, de ce court-métrage de 2 minutes 20. Ce film à été réalisé dans le cadre du festival Nikon Films 2015 ayant pour thème : « Je suis un choix ».

Les trois scénaristes assis autour de moi m’expliquent leur parcours. Ils se sont formés ensemble au CEFPS (Centre Européen de Formation à la Production de Films) pendant un an et ont réalisé un premier court-métrage ensemble. Puis le festival Nikon Films est arrivé et ce dernier se présentait pour eux comme un nouvel exercice. C’était l’opportunité d’en réaliser un deuxième !
Comme à chaque fois qu’ils se décident d’écrire ensemble, Matthieu, Zoé et Elvis se demandent d’abord : « Bon, qu’est ce que tu veux raconter ? ». Puis, ils notent toutes leurs idées de personnages, en les imaginant avec d’innombrables capacités d’être, de vivre, de faire, de savoir. Ensuite ils choisissent un fil conducteur, pour celui-ci Matthieu voulait réaliser un court-métrage en noir et blanc comme dans les années 40/50, mêler le film d’espionnage et faire un hommage au « film noir ». Zoé m’a dit : « Il faut que le film touche tout le monde, par exemple ma petite sœur qui a 10 ans ou ma mère qui n’est pas très cinéphile. Le but c’était de partir de quelque chose de simple et de toucher le public. ».
Le festival Nikon films impose néanmoins certaines contraintes : le film ne doit pas dépasser les 2 minutes 20 et doit raconter une histoire en rapport avec le thème. Pour Matthieu, Zoé et Elvis c’était un challenge, il fallait être efficace. Ils ont appris à travailler avec des conditions financières moindres, le plus difficile pour eux a été de transmettre les mots à l’image tout en respectant leur but.

« Bingo »

cameraQu’est-ce que le comédien apporte au personnage ?

Le deuxième court-métrage auquel j’ai assisté est un film étudiant nommé « Bingo » d’Adrien Layous. Ce film a été réalisé en deux jours à Valenciennes. Le réalisateur n’étant pas présent à la projection pour cause de tournage d’émission TV, j’ai rencontré le comédien principal Patrice Le Badezet.

Patrice incarne le rôle du père de famille, quelqu’un un peu comme tout le monde, la cinquantaine, une femme, un enfant de 19 ans et des responsabilités. Cependant, il lui manque « quelque chose », il est très maladroit et n’a pas su vraiment ce qu’il voulait faire de sa vie. Dans ce court-métrage, Patrice a « essayé de montrer avec un peu d’émotions ce qu’une personne lambda peut vivre de nos jours. ». Il a également improvisé les situations scène par scène et a ainsi « imprimé les sensations du film. ». Il m’a aussi confié avoir « donné beaucoup de [sa] personne pour essayé de faire vivre cette histoire qui n’était pas très extravagante à la base. S’il n’y a pas les sentiments, il n’y a plus rien. Pour que les choses existent il faut qu’il y ait du casino spiele vécu, du sens, de l’écoute par rapport aux autres. »
Avec ses 32 ans de carrière de comédien, Patrice a vécu dans la peau de beaucoup de personnages. Quand il avait entre 20 et 25 ans c’était un romantique, puis il a joué des flics et des commissaires, des fous et des patriarches. « J’ai une plage assez large, j’peux aussi faire des gros beaufs avec des grands shorts, ou alors des hommes très sensibles. »

« Les vies dansent »

cameraQuand le réalisateur et le comédien principal sont la même personne.

Vint le tour de Fabrice Herbaut, réalisateur et comédien de « Les vies dansent. » Son court-métrage est une déclaration d’amour des hommes (avec un petit h) aux Femmes (avec un grand F !). Il a remporté 4 prix : les prix du public et du jury au festival européen à Metz, le prix du public à Green Bay aux Etats-Unis et le prix de la meilleure bande originale à Belleville. C’est une autoproduction, Fabrice a monté une structure d’intervention théâtrale en entreprise, l’argent des stages a été investi dans la réalisation de son film.

Fabrice est comédien depuis 25 ans et réalisateur. Il a pris des cours à l’école Périmony de Paris, puis de scène en scène et de jeu en jeu, il commence à faire des mises en scène. Fabrice est souvent multi-casquette, il a écrit une pièce de théâtre « M’aime pas mal », dont il était le metteur en scène. C’était l’histoire d’un homme et d’une femme, il voulait connaître la suite et l’a donc écrite et réalisé en court-métrage. Après avoir enquêté sur les hommes et leur sensibilité émotionnelle : « Les hommes disent-ils souvent « Je t’aime » à une femme ? », l’encre a coulé pendant une semaine imaginant un homme qui ne le dit pas souvent et qui, lorsqu’il le dit, plante les racines. Le court-métrage est une déclaration d’amour d’un homme à la femme qu’il aime. Il la fait traverser Paris en lui rappelant tous leurs bons moments ensemble et lui expliquant pourquoi et comment il l’aime.
En 6 jours de tournages, il a filmé la fille marchant dans 26 endroits de la capitale, là ou des milliers d’autres personnes y ont déjà foulé le sol. Cela permet aux spectateurs de se déplacer avec le personnage et de penser aux choses qui leur sont arrivés, et ainsi solliciter leur imaginaire. Il voulait que chacun ramène cette histoire à eux-mêmes. Fabrice a adoré réaliser, « mettre des mots en images c’est hyper excitant ! ». Son but était d’entrainer des gens qu’il ne connait pas dans une histoire, et qui, d’un seul coup, acceptent de rentrer dans son univers. Il me dit : « Quand ils rentrent dans ton univers, tu rentres dans le leur et ça ouvre énormément de portes. C’est fantastique ! »
Fabrice a également aimé jouer ce personnage qui pourrait s’accommoder à « Monsieur tout-le-monde ». Il fait vivre cette déclaration d’amour par la voix et non pas par écrit : « Je voulais une voix de quelqu’un qui a un vécu, le travail de la voix était très important. » Il s’est donné cœur et âme pour cette histoire d’amour qui n’a pas de visage. Son petit mot venant du cœur : « J’aimerai que ce film tourne encore longtemps, dans plein de pays, car c’est un thème universel. »

« La voix de Kate Moss »

Comment Margaux s’est-elle inspirée pour l’écriture de son court-métrage ?camera

La dernière projection est celle de Margaux Bonhomme avec son court-métrage « La voix de Kate Moss » produit par Madman. Son film a été sélectionné 20 fois en festivals en France et à l’internationale pendant un an.

Le temps d’un court-métrage, le comédien devient le directeur de casting, et la réalisatrice de pub devient réalisatrice de film et comédienne, enfin… un échange de rôle improvisé.
Au quotidien, Margaux réalise des pubs. Son idée de film lui vient lorsque son supérieur lui dit : « Les américains veulent faire des films avec des femmes qui parlent ! »
Elle prend alors les mots au pied de la lettre. Margaux pense que dans l’imagerie de la mode, la Femme est encore beaucoup traitée comme un objet, comme une image. « Moi je ne vois pas de révolution dans la pub ou les magazines féminins, c’est dommage. Ce court-métrage c’est ma manière de faire autre chose. »
Ce film, elle le réalise sur une impulsion, en deux jours c’était tourné ! Elle a fait marché son réseau, toutes les comédiennes du film sont des amies et le comédien qui joue le directeur de casting c’est Fred, un ami aussi. Ce dernier me fait part de son ressenti sur cette expérience : « Je suis comédien, je me retrouve toujours de l’autre coté et le casting, c’est délicat. Là, j’ai vu l’envers du décor, quand on est derrière la caméra ce qui se dit est vraiment plus flagrant. J’ai trouvé ça bien de s’en amuser un peu et de ne pas plomber le truc. » Le plus étonnant est le fait que Margaux et Fred ont tout improvisé, comme les comédiennes. Ils sont spontanés et naturels. Bertrand, le producteur, déclare : « Quand on se met à poil comme ça, on est content que ça plaise, et que ça fasse écho. »

« T’as déjà entendu la voix de Kate Moss, toi ? C’est un concept,
Kate moss garde la bouche ouverte mais elle parle pas. »
– Margaux.

C’est sur ces derniers mots que je quitte cet événement auquel je vous donne rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle sélection de courts-métrage choisis par Natacha, Séverine et Virginie. L »équipe vous accueillera chaleureusement et animera cette agréable soirée.

Retrouvez Open to court sur Facebook.

*Sauf Juillet, Août et Décembre.

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